Nous considérons la nouvelle année comme un nouveau départ. L’année écoulée est terminée, que nous réserve la nouvelle ? Peut-être sommes-nous anxieux face aux difficultés de notre vie ou de celle de notre communauté, quelle que soit la définition que l’on en donne. Qu’est-ce qui va empirer cette année ? Peut-être sommes-nous pleins d’espoir. Cette année, nous ferons mieux – dans tout ce qui ne nous satisfaisait pas auparavant.

En réalité, chaque jour, chaque instant, est un nouveau départ. Chaque respiration est un nouveau départ. Puis chacune s’éteint et une nouvelle surgit. Mu est le son de ce nouveau départ, de cette respiration. Cet instant émerge de l’existence tout entière. En vérité, il est l’existence tout entière. Comment peut-il y avoir mieux ou pire ?

En cet instant, le soleil matinal projette de longues ombres. L’ombre du frêne de mon jardin se mêle à celle des arbres et arbustes du parc d’en face. Tandis que les oiseaux voltigent entre les arbres, leurs ombres se projettent elles aussi parmi les arbres d’ombre. Au-delà des ombres, la neige scintille au soleil, renvoyant sa lumière vers mon œil, confortablement installé dans mon salon.

Je me souviens d’une intuition, adolescente, un matin où, en contemplant la lune, j’ai réalisé que quelqu’un, à l’autre bout du monde, observait la même lune. Que tandis que je regardais le soleil se lever, quelqu’une d’autre, très loin, contemplait le même soleil se coucher. À cet instant précis où j’expire, combien de milliards d’êtres, humains ou autres, inspirent et expirent également ? Sur combien de planètes des êtres inspirent et expirent ? Un nouveau départ se dessine peu importe où vous regardez.